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Contexte historique et urbanistique Historique Descriptif |
Le Palais du Rhin, siège de la Direction régionale des affaires culturelles d'Alsace et de la Commission centrale pour la navigation du Rhin , est l'ancien palais impérial, érigé entre 1884 et 1889 pour l'empereur allemand. L'édifice, situé au centre de la "ville neuve" sur l'ancienne place de l'Empereur, actuelle place de la République, entourée par des édifices publics, témoigne du demi-siècle durant lequel Strasbourg, sous le régime allemand, connut un développement urbain décisif.Lors de l'annexion de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine, ratifiée par le traité de Francfort du 10 mai 1871, l'occupant allemand promut Strasbourg au rang de capitale régionale d'une province importante. Elle put affirmer en tant que métropole rhénane son rôle de centre économique dans l'Allemagne du sud-ouest. Alors que sa population avait quasiment triplé, la ville restait confinée dans les limites qui étaient déjà les siennes à la fin du Moyen Age, car elle ne s'était pas développée au-delà de sa "cuirasse de pierre", l'enceinte érigée au XVIIe siècle. Une extension s'avérait d'autant plus nécessaire qu'on assistait à une croissance démographique liée à l'exode rural et à l'arrivée massive d'immigrés allemands, attirés par la propagande qui présentait les nouveaux territoires conquis comme le "Paradis du sud" (la ville passa de 70 000 habitants en 1870 à 180 000 en 1914). Il fut donc décidé de bâtir une nouvelle enceinte bastionnée, plus étendue, qui permit de porter la surface de la ville de 230 à 620 hectares. Le plan retenu pour la ville nouvelle, celui de Jean Geoffroy Conrath (1824-1892), l'architecte municipal de Strasbourg, formé à l'école des Beaux-Arts de Paris, respectait l'organisation historique de la vieille ville et, dans les nouveaux quartiers, combinait deux ensembles : l'un réservé à l'habitat collectif et individuel, l'autre, monumental, formé par les bâtiments publics adaptés aux fonctions politiques, administratives et culturelles d'une métropole régionale. La capitale de la terre d'empire d'Alsace-Lorraine s'exprime surtout dans les bâtiments d'apparat groupés autour de la place de la République. Y furent réunis le siège de la Délégation d'Alsace-Lorraine (Landesausschuss), la bibliothèque et deux bâtiments dévolus aux ministères. La pièce maîtresse de cet ensemble fut le palais impérial, premier édifice à être mis en chantier. L'ensemble du projet fut réalisé entre 1882 et 1912 et comporte plusieurs édifices tout à fait remarquables. La place est bordée au nord par deux édifices aux dimensions analogues qui abritaient les ministères d'Alsace-Lorraine (actuelles préfecture et trésorerie générale), inspirés par le style baroque de la "Résidence" de Würzbourg et construits entre 1907 et 1911, sur les plans de Ludwig Levy. Deux autres bâtiments, conçus par les architectes August Hartel et Skjold Neckelmann entre 1888 et 1892, viennent compléter la place à l'est : la bibliothèque impériale (Bibliothèque nationale et universitaire) et la Délégation du Pays d'Empire "Landesausschuss" (occupé par le Théâtre National de Strasbourg), tous deux de style néo-classique. De ce centre politique et administratif rayonnent de larges avenues dont celle de l'Empereur Frédéric (avenue de la Paix) qui ouvre une perspective vers la cathédrale. Celle de l'Empereur Guillaume (avenue de la Liberté) conduit à l'université construite entre 1878 et 1884 par Otto Warth. L'architecture wilhelmienne accordait une grande importance à l'environnement du bâti : les avenues et les rues étaient bordées d'arbres et les jardins de la place venaient égayer cet ensemble officiel, dominé par le palais impérial, à l'ouest. |
